Une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1 en région parisienne

 

EMISSION DU 13 JUIN 2006

Médias et pluralisme...

Avec Jean-François Kahn, journaliste, Président du Conseil d'Administration de Marianne.

 

Pascale Fourier : Notre invité sera Jean François Kahn, de l’hebdomadaire  Marianne. J'ai reçu Jacques Cotta il y a quelques émission sur l’évolution des médias, sur le rapport entre les médias, la démocratie, le pluralisme… Mais j’avais toujours des petites questions... Alors je me suis dit que j'allais essayé de rencontrer Jean-François Kahn. Pourquoi lui ? Parce qu’il est à l’initiative de la création de  Marianne, que c’est un journal engagé et que cela m’intéressait de prendre cette perspective. Alors je me suis rendu dans l’antre, sans les locaux-mêmes de  Marianne ; Jean-François Khan était là, dans son bureau. Il avait le dos tourné quand je suis arrivée et était en train de regarder les dépêches de l’AFP. Visiblement, il était très occupé. Franchement, il n’avait pas énormément de temps. Subitement, il s’est retourné, et j’ai eu droit à 20 mm d’interview. Alors allons-y.


J’ai entendu dans d’autres médias des rédacteurs en chef expliquer la chute actuelle des ventes dans la presse par le fait que les gens s’intéresseraient plus à Internet, liraient éventuellement même le journal sur Internet. Est-ce que vous pensez que c’est une explication valide de la chute des ventes de la presse actuelle?

Jean-François Kahn : Comme souvent, il y a beaucoup d’éléments convergents qui expliquent la chute et naturellement, les gens retiennent la cause qui les arrangent, ou plus exactement la cause qui leur évite de regarder en face les causes qui les dérangent. Il y a des raisons matérielles. En ce qui concerne ce que vous évoquez, les sites Internet, il faut dire qu’il faut être complètement idiot pour mettre son propre journal sur Internet. Nous, par exemple, on ne le fait pas. On a un site Internet, on met plein de choses, mais on ne met pas le journal de la semaine. Et quand Libération ou Le monde mettent leur journal sur Internet, en effet, dans la mesure où ils offrent gratuitement ce qui est payant, il ne faut pas qu’ils s’étonnent qu’un certain nombre de gens disent c’est une bonne affaire: j’ai l’article qui m’intéresse, je ne paie pas. C’est ce qu’on appelle se tirer une balle dans le pied. Si j’ajoute à ça que de toutes façons il y a des journaux gratuits en plus, donc vous avez la double gratuité. Ils sont pris en tenaille. Ca, c’est une cause.La deuxième, c’est la fermeture des points de vente. C’est de plus en plus difficile d’acheter un journal, et pour certains, il faut faire 500m, 1 ou 2 km et du coup ils renoncent à leur achat. C’est une autre raison.

Maintenant, il y a aussi des raisons qui sont liées à leur contenus. Il est clair qu'existe une relative homogénéité politique ou idéologique des journaux. Vous avez un seul journal de droite. Or la droite, c’est quand même des sensibilités différentes. Disons que Le Figaro c’est une sensibilité de droite néolibérale, « modernisto-néolibérale ». Mais il existe aussi une droite réformiste, centriste, nationaliste, souverainiste, gaulliste, etc, qui lit Le Figaro de temps en temps, mais qui ne se reconnaît pas dans un journal dont la tonalité est néolibérale. Vous avez deux journaux de gauche, Le Monde et Libération pour simplifier, qui sont de gauche libérale-libertaire. Donc vous avez une gauche républicaine qui ne se reconnaît pas dans ces journaux, une gauche sociale non plus, une gauche basique qui ne se reconnaît pas dans ces journaux élitistes qui en font en plus aucun effort pour être compris par leurs lecteurs (il faut avoir Bac+4 pour les comprendre)…. Ca explique en partie la déperdition, et parfois le rejet par les lecteurs. Le plus bel exemple - et c’est peut être cela qui aurait du être à mon avis un élément de réflexion qui aurait dû conduire la presse à organiser des états généraux pour regarder cette réalité en face - , c’est ce qui s’est passé avec le référendum européen. 98% des journaux pour le Oui, des éditorialistes pour le Oui, des chroniqueurs pour le Oui, radio, télévision, hebdomadaires, quotidiens; 55% des français pour le Non. Or non seulement les journaux ne s’interrogent pas en disant: «  C’est clair il y a un décalage. C’est clair, il y a un fossé », .... Moi, j’étais pour le Oui. Je ne dis pas cela par rancœur... N’empêche que je dois regarder cette réalité en face. Eh bien ce fossé qui fait qu’une majorité de français votent dans un sens alors que la quasi-unanimité des médias tirent dans l’autre, non seulement il ne se sont pas interrogés, il ne se sont pas coltinés cette réalité, mais ils ont injuriés leurs propres lecteurs. On a vu Serge July dans Libération traiter ceux qui avaient votés Non (en l’occurrence la majorité de ses lecteurs), de fascistes, de xénophobes, de racistes, etc. Ca n’a fait qu’accentuer la perte des lecteurs de Libération. Mais pourquoi s’en étonner ? Le Monde qui est aujourd’hui un journal de centre-gauche, qui se vante d’être un journal de référence, objectif, honnête, fait une campagne quasiment hystérique contre Villepin . C’est son droit, et je pense qu’ils sont sincères, mais il ne peuvent pas se plaindre qu’ils perdent un certain nombre de lecteurs qui disent trop, c’est trop, et qui les soupçonnent d’être sarkozistes….Il faut reconnaître aussi que les journaux ont eux-mêmes produit les raisons qui ont accélérer leur chute.

Pascale Fourier : Pourquoi justement cette perte de pluralisme dans la presse ?

Jean-François Kahn : La perte du pluralisme dans la presse est liée à l’évolution du système économique qui tend à la concentration,  de la même façon à la concentration des grands magasins, des grandes surfaces, des centrales d’achat, dans les avions long courriers, dans les apéritifs, où il n’y a plus qu’une société qui produit tout les grands whisky, depuis la fusion entre Métropolitan et Guinness… C’est vrai aussi de la presse comme par exemple dans le Midi: on a vu des fusions qui font que là où il y avait 3, 4 ou 5 journaux de sensibilités différentes, il n’y aura plus que Hachette qui contrôle tout les journaux sur la région du Midi après sa fusion avec les journaux contrôlés par Le Monde. Même chose pour l’Est, même chose pour l’Ouest…et pour Paris, il n’y a plus que trois ou quatre journaux après la concentration.

Et pourtant, les journalistes n’ont sans doute jamais été aussi libres qu’aujourd’hui. Jamais la déontologie n’a eu une importance aussi considérable. ll y a des choses que j’ai vécues moi, à la radio, à la télé ou dans la presse écrite, scandaleuses, qui ne seraient plus possibles aujourd’hui, de censure, de refus de réalité, de trucage, etc.…Aujourd’hui, non. Objectivement, jamais la presse n’a été aussi indépendante et aussi libre (ça durera ce que ça durera). Mais le problème, c’est qu’en toute liberté et en toute indépendance, les journalistes pensent tous pareil. Les journalistes qui comptent, ceux qui sont directeur de la rédaction, directeur, directeur en chef, éditorialistes, qui ont entre 48, 50, 60 ans, sont tous pareils, c’est à dire qu’ils sont issus du même milieu, ils vivent dans la même ville; comme ils sont très peu, ils fréquentent les mêmes endroits, ils vivent entre eux, ils lisent les mêmes livres, ils ont les mêmes références et à 80%, ce sont d’anciens soixantuitars gauchistes qui ont évolués vers l’acceptation du néolibéralisme. Donc ils se sont constitués une idéologie faite de ralliement au néolibéralisme en matière économique et sociale au non de la modernité, et de néogauchisme en matière sociétale, en matière de mœurs. Et il y adhèrent quasiment tous. Alors forcément, ils disent tous la même chose, et comme ils disent tous la même chose, ça les conforte dans l’idée qu’ils ont raison…Il n’y a que nous qui sommes des gens bien, intelligents, remarquables, etc.… on pense tous pareil, c’est évidemment que l’on a raison. Et du coup, ils ont tendance à diaboliser tout ceux qui ne pensent pas comme eux..etc…etc. La preuve est leur utilisation quasiment paranoïaque du terme de « populisme ». Aussitôt qu’il y a une pensée qui n’est pas totalement la leur, c’est du poujadisme, du populisme, etc.. et ça renforce en même temps le fossé dont je vous parlais, parce que ce qu’il pensent est totalement antagoniste avec ce que pense les gens, qui ont évolués en sens inverse. Le public, lui, est de plus en plus contre le néolibéralisme et ses effets en matière économique et sociale, et de plus en plus hostile au discours néosoixantuitard en matière de mœurs et sociétal. Donc c’est exactement l’inverse. A partir du moment où vous avez un pouvoir médiatique quasi-homogène dont la pensée dominante est totalement antagonique de ce que pense l’opinion, vous avez la crise actuelle.

Pascale Fourier : Je présume que vous déjeunez par exemple avec des grands patrons de presse, des grands éditorialistes…

Jean-François Kahn : Non, quasiment jamais. Il se trouve que j’ai maintenant un âge et une expérience qui fait que certains ont travaillé avec moi. J’ai été leur patron de certains comme Franz Olivier Giesbert; je lui ai mis les pieds à l’étrier quand je me suis occupé du service politique du Nouvel Observateur. Ca créé des liens d’amitié, et je les connais, mais à part ceux avec qui j’ai des liens d’amitié, je ne les rencontre jamais.

Pascale Fourier : Vous ne pouvez pas leur tenir ce discours-là alors...

Jean-François Kahn : Non, mais ils savent ce que je pense: je l’écris, donc ils savent.que je le pense. Mais de toutes façon, ils trouvent ça insupportable: ça les énerve, ils me considèrent comme un provocateur, un populiste également d’ailleurs par le seul fait que je dise ça, ils me considère comme un poujadiste, un populiste, un je ne sais pas quoi…Non, non…sauf ceux que je considère comme amis - il y en a beaucoup, maintenant - mais les grands patrons de presse, je ne les rencontre pas.. Ca n’aurait aucun intérêt d’ailleurs parce qu’ils ne se posent aucune question. Pour eux, le seul problème de la crise de la presse, c’est des questions matérielles.

Pascale Fourier : Ce que vous dites est un peu désespérant... Certains comme moi aimeraient bien que le Parti Socialiste entende la voix du peuple, on pourrait dire et de la même façon, on aimerait bien que les médias nous entendent et soient aussi lucides que vous. Mais on est face à deux autismes. Y a-t-il une possibilité de s’en sortir ?

Jean-François Kahn : Ils n’entendrons pas. En ce qui concerne le Parti Socialiste, regardez ce qu’a déclaré Ségolène Royal sur la sécurité: on est d’accord ou pas, mais en gros, c’est la première fois que quelqu’un du Parti Socialiste et à la tête des sondages ose dire des choses tangibles, concrètes, fortes, sur le problème de la sécurité, qui correspondent aux aspirations de la population, y compris de gauche, y compris socialiste. Attendez, vous entendez les réactions ? C’est absolument horrible! C’est le lynchage ! Donc il ne veulent pas entendre. En plus, c’est extraordinaire parce que s' il y a un domaine où la gauche a fait faillite, c’est quand même sur ce problème. Ils devraient au moins être discrets. Quand on a fait à ce point faillite jusqu'à mettre Le Pen au second tour par incapacité d’aborder le problème de la sécurité ou de l’immigration, on devrait être modeste. Eh bien pas du tout ! Ils donnent des leçons, ils condamnent, ils stigmatisent.. C’est vraiment à pleurer. Dans la presse, c’est à peu près la même chose, y compris sur le même domaine. Quoiqu’il se passe, le discours se répète en boucle, et ne tient absolument pas compte de la réalité. Vous avez les types du Figaro, à droite, qui vous disent: « Plus il y a de concurrence et de privatisation, plus ça fait baisser les prix ». . Là-dessus, on a privatisé l’électricité: les prix ont augmenté de 48% ! Vous avez vu un éditorial qui reconnaît cela, qui fait un mea-culpa, qui fait une auto-critique ? Rien. Ils vous expliquent que seule une politique de droite néo-libérale permet de réduire les déficits. En fonction de quoi Berlusconi fait une politique de droite, il augmente les déficits, Bush fait une politique de droite, il augmente les déficits et tous les pays qui font une politique de droite augmentent les déficits. Vous croyez qu’ils se posent des questions, qu’ils analysent ? Rien. Ils ne changent pas de discours. Quoiqu’ils se passe, ils ne changent pas de discours. Et la gauche, c’est pareil. La preuve aujourd’hui, c’est quand vous faites une régularisation automatique des sans-papiers, ça crée un courant d’air qui fait que vous avez des centaines de milliers d’immigrés qui viennent. C’est un fait. On est en train de le voir en Espagne, on est en train de le voir en Italie. Ils ne le reconnaissent pas….Ca ne les arrange pas, donc déni de réalité. C’est comme ça.

Pascale Fourier : Est ce qu’il y a un moyen de se sortir de cette crise ?

Jean-François Kahn : Moi, j’en suis sorti en faisant un journal. Je ne peux pas faire mieux que de faire un journal et de faire en sorte qu’il y ait de plus en plus de gens qui le lisent. Comme c’est le journal qui est le numéro un en vente des hebdos, quelque part on a quand même réussi à faire accepter une différence, à faire écouter une différence, à poser cette différence. Pour le reste, quand je parle en public, je dis aux gens: « Reprenez-vous en main ! Redevenez acteurs de votre destin, des citoyens actifs, et écrivez à vos journaux, téléphonez à vos journaux, expliquez-leur ce que vous pensez, c’est-à-dire n’acceptez pas passivement, aidez-les à évoluer, à transformer, à écouter.

Pascale Fourier
 : Actuellement, il y a une espèce d’idéologie du journalisme pas engagé, objectif, neutre, impartial…Est-ce que vous pensez que c’est faire œuvre de journaliste que justement d’être engagé, comme vous l'êtes à Marianne ?

Jean François Khan : Oui, je ne crois pas que ça se pose comme cela parce que personne ne croit que les journaux ne sont pas engagés. Libé, Le Monde…Le Figaro qui se reconnaît engagé est sans doute plus objectif. Mais Le Monde et Libé, ils sont engagés toutes les lignes. Il n’y a pas une enquête, il n’y a pas un reportage où il n’y a pas d’idéologie.. tout le temps, tout le temps , tout le temps, et des a priori tout le temps, tout le temps…que j’approuve, d’ailleurs, parfois, mais des a priori sans arrêt. Le Figaro moins, mais eux se disent engagés…L’Express, c’est engagé…Le Point, c’est un journal de droite dure.. L'Observateur, c’est la gauche un peu bobo,ils sont engagés. Et le paradoxe est que nous qui nous disons engagés et qui revendiquons notre engagement, dans la mesure où ce n’est pas partisan, c’est-à-dire que l’on peut soutenir ou condamner la droite ou la gauche sur tel ou tel sujet, les lecteurs nous vivent comme objectifs, ou au moins honnêtes. Alors que l’on dit que l’on est engagés, on ne le cache pas.

Pascale Fourier : Quels sont, d’après vous, ce que j’aurais tendance à appeler les « angles morts du débat », les thèmes qu’il faudrait remettre sur le devant de la scène et qui justement sont occultés par...

Jean-François Kahn : Le problème des débats, ce n’est pas un angle mort, c’est que les médias soient les socles de ces débats. Or soit, comme TF1, qui est la première chaîne de France, il n’y a pas de débats du tout, ou sur Europe 1 très peu, ou RTL peu, soit c’est de débats où il y a 18 personnes sur un plateau et chacun peut prononcer une minute dix au maximum et on l’arrête – on ne comprend rien - , soit ce sont des hommes politiques que l’on ne peut pas interrompre et qui ont tout l’espace pour eux…Il y a quelques émissions de débat comme Ripostes, comme C dans l’air, mais il y en a très peu. Donc il faudrait que le débat, le vrai débat soit réhabilite. Est-ce que vous avez entendusdans les quatre ou cinq dernières années un débat où deux personnes ont une heure pour s’expliquer ? Pratiquement, ça n’existe pas, ça n’arrive jamais. Avant, c’était très très fréquent. Il faudrait donc réhabiliter le débat dans les médias. D’autre part, il faut s’entendre aussi: à partir du moment où l’on excommunie sans arrêt, où l'on on exorcise sans arrêt, on ostracise sans arrêt, on lynche sans arrêt et où l’on n’écoute pas l’autre, ça ne facilite pas le débat...
Il y a d’ailleurs un débat sur France Culture qui n’est pas inintéressant où l’on trouve Max Gallo, Bourlange…c’est typique - c’est un des rares débats intéressants - : la gauche n’y est pas... Ca ne choque personne ! On est tellement habitué à des choses étranges que le fait qu’il puisse y avoir un débat où la gauche n’est pas présente ne choque même plus. On a perdu la culture du débat.

Pascale Fourier: J’ai une autre question sur le rôle des éditorialistes. Quel est leur rôle spécifique dans un journal ? J’étais en train de penser à eux parce que on les entend sur France Inter,que j’écoute souvent, et au moment du référendum en particulier, on nous a dit: « Vous n’avez pas le droit de dire que vous n’êtes pas contents, parce que ce sont des éditorialistes qui s’expriment, et qu' on les choisit parce qu’ils ont une pensée particulière, et on ne peut pas les mettre en cause »….

Jean-François Kahn : Mais ils étaient tous pour le Oui ! Moi, je ne les ai pas mis en cause contrairement à une campagne qui s’est déroulée et qui a mis en cause Alain Duhamel par exemple ou Bernard Guetta sur France Inter. Moi, je ne les pas mis en cause, parce je sais que pour le coup, ils disaient ce qu’ils pensaient; c’était une conviction : on ne peut pas reprocher à un éditorialiste d’exprimer sa conviction, et on ne peut pas l’obliger à exprimer ce qui ne correspond pas fortement à sa conviction. Le problème, c’est par quel hasard aucune personne ayant une conviction contraire n’a-t-elle eu un éditorial ou une chronique ? C’est ça qu’il fallait mettre en cause. C’est pourquoi ? pourquoi sur aucune radio on ne trouvait un éditorialiste favorable au Non alors que la majorité de la population l’était ? C’est là où ça pose un problème. D’ailleurs, ça veut dire que l’on est éditorialiste si on adhère à l’idéologie dominante, point final. Regardez Alain Duhamel. Il adhère à l’idéologie dominante avec talent. Résultat il est éditorialiste à RTL, à la télé, au Point, à Libération, à Nice-matin, à l’Est Républicain, au Petit bleu des côtes du Nord, etc…partout. C’est quand même un signe.

Pascale Fourier : Dernière question: est-ce que l’on doit attendre avec beaucoup d’impatience que la génération des soixantuitards meure ?

Jean-François Kahnn : Oui, d’ailleurs la dernière génération est en train de secouer cela. La génération des soixantuitards, c’était les plus dynamiques. Quand on a vingt ans, il est plus logique d’être soixantuitard que jeune Giscardien quand même. Donc c’était les plus dynamiques, c’était ceux qui avaient des idées, les plus imaginatifs, et souvent les plus talentueux….et ils ont pris le pouvoir. C’est très bien, ils ont pris le pouvoir dans la presse, dans la publicité, dans l’économie, dans la politique. Et puis beaucoup d’entre eux, à partir du moment où ils ont découvert le pouvoir, la puissance, un peu l’argent, ont évolué et sont devenus les nouveaux maîtres, exactement comme les révolutionnaires de 1830 étaient devenus les nouveaux maîtres en 1848. C’est classique. Eh bien non! Maintenant, je pense qu’en effet il faut que ces gens soient remplacés, c’est clair.

Pascale Fourier : On attend, alors….

 

Rappel : Vous pouvez imprimer ce texte. Quel que soit l'usage que vous en ferez, il vous est demandé de citer votre source : Emission Des Sous...et des Hommes du 13 Juin 2006 sur AligreFM. Merci d'avance.