Une émission proposée et présentée par Pascale Fourier sur ALIGRE FM 93.1 en région parisienne

 

EMISSION DU 28 NOVEMBRE 2003

La monnaie 1/2

Avec Jean-Marie Harribey, Professeur d'économie à Bordeaux IV.

 


Pascale Fourier : Il y a un an et demi environ, j'avais interviewé Jean-Marie Harribey sur les retraites, et à la fin de cette première émission, je l'avais branché sur le sujet de la monnaie, un sujet auquel je ne comprends rien…. Alors disons que la série de deux émissions qui commence aujourd’hui sur la monnaie, puisque ce sera le thème de l'émission, est une initiation, un premier coup de peinture, bref, une ébauche : le sujet est compliqué, et mes rares questions pas toujours très affutées… Voilà… on reprendra une deuxième couche de peinture plus tard. Alors voilà comment je m'y suis prise : ce que j'ai dit à Jean-Marie Harribey, c'est que j'ai toujours l'impression que l'argent naît spontanément : il y a de la production qui se fait, de l'argent qui s'échange, et puis il y a une augmentation des sous, ça augmente naturellement… Et voici donc la réponse de Jean-Marie Harribey… vous allez voir, ça commence plutôt mal pour moi…

Jean-Marie Harribey : Si on peut dire quelque chose de lapidaire pour commencer, ça n'augmente jamais naturellement.

Pascale Fourier : Zut !

Jean-Marie Harribey : La monnaie est une question centrale dans la vie économique moderne. C'est une question centrale dans la théorie économique. C'est une question non seulement centrale, mais très épineuse, parce qu’ il y a autant de compréhensions du phénomène monétaire qu'il y a de théories économiques, et en plus il y a une dimension historique extrêmement importante parce que, finalement, on s’accorde de plus en plus, - et il y a un consensus qui naît entre les chercheurs, les historiens, les anthropologues- , pour admettre aujourd'hui que l'histoire de la monnaie remonte à des temps extrêmement importants, je ne dirais pas immémoriaux, mais l'histoire de la monnaie est une vieille histoire pour l'humanité, ce qui veut dire qu'elle a sans doute une dimension qui dépasse l'organisation économique moderne et notamment l'organisation économique capitaliste. Ces problèmes- là sont extrêmement difficiles à décortiquer parce qu’il peut y avoir plusieurs angles d'attaque pour comprendre le phénomène monétaire. On peut dire, pour schématiser les choses en démarrant, que, si l'on part d'une compréhension immédiate du phénomène que l'on appelle la « monnaie », tout le monde comprend que la monnaie sert à faire des échanges, à mesurer les objets que nous échangeons. Mais ces fonctions-là, qui semblent évidentes, ne suffisent pas à rendre compte du phénomène monétaire. Prenons un exemple : si j'ai 100 euros dans la poche, je peux utiliser ces 100 euros pour acheter une marchandise qui vaut justement 100 euros. En faisant cela, j'échange mon billet de 100 euros contre une marchandise qui vaut justement ce prix-là, qui a justement cette valeur-là. Si j'utilise maintenant ces 100 euros pour non pas acheter une marchandise ordinaire, un vêtement, un aliment, une machine..., mais si je l'utilise pour acheter la force de travail de quelqu'un d'autre, à ce moment-là, je me livre à une opération un petit peu différente, parce que si j'achète la force de travail, avec ces 100 euros, je vais la mettre en oeuvre, je vais lui faire produire une nouvelle marchandise qui va avoir une valeur supérieure à celle que j'ai engagée en embauchant mon salarié. Donc par cette opération de production, la force de travail a engendré une valeur ajoutée qui ne va pas lui revenir, mais qui va m'appartenir. J'ai avancé le capital, j'étais propriétaire de ce capital, je l'ai mis en oeuvre et je vais en retirer le produit. A partir de ce moment-là, j'ai mis en oeuvre un processus d'accumulation. En mobilisant la force de travail d'autrui, j'ai enclenché un mécanisme d'accumulation, accumulation du capital. Le capital va grossir du profit que je vais retirer de la vente régulière de la marchandise que je fais journellement produire, parce que, quand j'ai compris que je pouvais enclencher ce mécanisme-là, je vais le reproduire quotidiennement. Et comme j'ai donné juste au salarié de quoi subsister lui-même, et qu'on ne va pas lui en laisser suffisamment pour qu'il soit en mesure lui-même de procéder comme moi, il va revenir retravailler le lendemain pour moi, et ainsi de suite... Donc la monnaie, à ce moment-là, n'a pas fonctionné simplement comme un instrument d'échange, comme unité de comptes, mais comme instrument d'accumulation. Donc il y a déjà une dimension nouvelle qui apparaît, et cette dimension nouvelle, si l'on veut la rapporter aux grands théoriciens de la pensée économique, cette dimension nouvelle de la monnaie qui se transforme en capital, c'est à Marx qu'on la doit. C'est Marx qui a mis en évidence ce processus d'accumulation qui naît de l'utilisation de la force de travail d'autrui, et qui naît, pour être encore plus précis, de l'exploitation de cette force de travail. La monnaie va donc dans une économie capitaliste remplir, outre sa fonction d'échange, sa fonction d'unité de comptes, elle va remplir une fonction d'accumulation. Ce qui veut dire que la monnaie va prendre aussi une dimension sociale, sociologique, extraordinaire parce que le détenteur de monnaie va signifier à l'autre la distance qui les sépare. Et en même temps, dans la mesure où elle va être à l'origine de l'accumulation et de l'exploitation qui la sous-tend, elle va être synonyme de violence. Donc la monnaie va comporter cette dimension beaucoup plus politique en quelque sorte, va imprimer une construction sociale, une organisation de la société. Donc déjà on a un élément qui complique un petit peu le panorama. Mais le panorama n'est pas encore complet, parce que la monnaie va remplir aussi d'autres fonctions qui nécessitent un autre petit détour. Pour l'instant si on fait le point, on a une monnaie qui remplit son rôle d'échange, qui remplit son rôle d'unité de compte, et qui remplit, dans un contexte précis où il y en a qui possèdent du capital et pas d'autres, qui remplit une fonction d'accumulation. Et déjà on peut commencer à répondre à une partie de la question que vous aviez posée au début, à savoir d'où elle vient, cette monnaie. Si la quantité de monnaie qui circule dans l'économie augmente, c'est parce que derrière, il y a la production qui augmente aussi. Donc justement le rôle des institutions monétaires est de veiller toujours à ce que grosso modo, globalement, à peu de choses près, l'évolution de la production soit suivie de l'évolution de la quantité de monnaie qui circule. Et le jour où il y a un décalage entre les deux, dans un sens ou dans l'autre, il peut se produire un déséquilibre économique dont on va parler un petit peu plus loin. Mais pour l'instant ça suffit pour situer le problème et répondre à votre question de départ. La quantité de monnaie accompagne l'augmentation de la production qui naît de la mise en oeuvre du travail productif.

Pascale Fourier : Alors je vous synthétise un petit peu les choses : la monnaie, c'est un instrument d'échange, une unité de comptes, mais aussi un instrument d'accumulation, c'est-à-dire que cela permet de faire des profits par l'intermédiaire du travail, c'est-à-dire que 100 euros vont donner 110 après avoir vendu ce qui a été produit par le travail. Mais vous allez voir, Jean-Marie Harribey nous dit que le panorama n'est pas encore tout à fait complet, alors suite...

Jean-Marie Harribey : Le panorama que je viens de dresser n'était pas tout à fait complet, parce qu’il y a une autre dimension à faire entrer en ligne de compte. La monnaie n'est pas simplement désirée pour acheter des marchandises ou pour acheter de la force de travail, elle peut être désirée pour servir d'instrument de réserve. La monnaie, à partir du moment où elle sert d'instrument de réserve, peut être désirée simplement pour elle-même. Et cette fonction de réserve de valeur a été mise en évidence un petit peu par Marx et surtout par Keynes, trois quarts de siècle plus tard.

Pascale Fourier : « De réserve », ça veut dire qu'on ne l'utilise pas tout de suite, on la met en réserve ?

Jean-Marie Harribey : On la met en réserve. Alors, pas simplement en réserve et en attente passive, mais en réserve dans un but éventuel de placement. Donc l'apport majeur de Keynes à la théorie économique a été de montrer que l'individu, quand il détient une certaine quantité de monnaie, va en utiliser une partie pour échanger, pour acheter des marchandises, et son épargne va être l'objet de sa part d'un choix : soit il va la garder de manière passive, c'est ce qu'on appelle la thésaurisation, soit il va la placer, et c'est ce qu'il appelle la fonction spéculative de la monnaie. Donc ce choix, thésaurisation ou placement de la part de l'épargnant, est un choix décisif, nous explique Keynes, parce que c'est de ce choix que va dépendre la possibilité de décalage qu'il peut y avoir entre la production offerte et la production qui est demandée. Avant Keynes, et même avant Marx, les théoriciens de l'économie que l'on appelle les classiques, c'est-à-dire ceux qui ont fondé l'économie politique à la fin du XVIIIème siècle / début du XIXème siècle, donc disons de Adam Smith à Ricardo jusqu'à Jean-Baptiste Say en France etc... donc toute cette école de pensée qui est née à la charnière de ces deux siècles, croyait que la monnaie n'était désirée que pour sa fonction d'échange. Ce qui fait que à ce moment-là la production ne pouvait jamais être excédentaire par rapport aux besoins, par rapport à la demande. La production avait toujours en face d'elle une demande équivalente. Donc la surproduction était impossible parce que cette monnaie-là, une fois que les individus l'avaient obtenue par leur activité productive, soit parce qu'ils travaillaient, soit parce qu'ils avaient un capital dont ils tiraient des revenus financiers, ils l'utilisaient immédiatement, soit pour acheter des bien de consommation, soit pour acheter des nouveaux équipements pour l'investissement des entreprises. Donc il ne pouvait pas y avoir de surproduction dans l'esprit des classiques. Et l'idée corollaire est que le marché assure l'équilibre automatique, assure l'équilibre entre l'offre et la demande et qu'il ne peut y avoir de déséquilibre durable, que ce soit sur le marché des biens de consommation ou que ce soit sur le marché du travail, parce que le même raisonnement peut s'appliquer à propos de l'offre et de la demande du travail, comme on l'a tenu à propos de l'offre et de la demande des marchandises. Donc avant le milieu du XIXème siècle, avant Marx et avant Keynes, surtout, les économistes pensaient que, la monnaie ne remplissant qu'une fonction d'échange, et absolument pas une fonction de réserve de valeur, elle ne pouvait pas être thésaurisé, et il ne pouvait pas y avoir de surproduction. Or on est bien obligés de constater que la surproduction revient périodiquement dans l'histoire du capitalisme. Il y a des crises de surproduction qui ont rythmé l'histoire du capitalisme depuis deux siècles de manière ininterrompue jusqu'à nos jours. Donc la surproduction existe, et justement, les premiers économistes à avoir alerté leurs confrères sur cette surproduction chronique, ou en tout cas qui revenait régulièrement, avaient mis l'accent sur le fait que la monnaie pouvait être thésaurisée. Donc si une partie des revenus qui aurait dû se porter en pouvoir d'achat, en demande, ne le fait pas, alors il y a excédent de l'offre par rapport à la demande. Donc c'est cette fonction de réserve de valeur et la possibilité que la thésaurisation existe qui est l'une des causes de la possibilité des crises. Pas nécessairement de leur déclenchement, mais de la possibilité logique que des crises existent. Faisons le point de nouveau. On a montré que la masse monétaire progressait pour accompagner l'évolution de la production, que cette monnaie remplissait plusieurs fonctions, à la fois économique et sociale, qui ont trait à l'échange et à l'accumulation. On a presque terminé le panorama mais il faut ajouter deux autres choses. La première, c'est celle que vous aviez abordée au début : pourquoi l'augmentation de la quantité de monnaie est-elle nécessaire à l'accumulation du capital ? Pourquoi est-elle nécessaire à la dynamique du capitalisme ? Alors ça, c'est un point théorique un peu plus difficile que le reste, que l'on doit à Marx et que Keynes a systématisé trois quarts de siècle plus tard. Les détenteurs de capitaux, les capitalistes, avancent leur capital pour embaucher des salariés, pour payer des salaires et pour acheter des équipements. Une fois qu'ils ont fait produire les marchandises dont ils avaient projeté la réalisation, ils les vendent. Auprès de qui les vendent-ils ? Auprès des salariés et auprès de leurs collègues entrepreneurs qui vont leur acheter les machines qu'ils ont fabriquées. Donc on a deux grands types de biens : des biens de consommation, qui sont grosso modo achetés par les salaires, et puis des biens d'équipement qui sont grosso modo achetés par des entreprises. Mais en vendant les marchandises, ils ne font que récupérer leurs avances : ils avaient avancé des salaires, ils avaient avancé des équipements, et hop, ils revendent les marchandises, soit des biens de consommation, soit des biens de production, donc ils récupèrent leurs avances, pas de profit. S'ils ne font que récupérer ce qu'ils ont avancé, où est leur profit ? C'est là que le phénomène monétaire intervient, parce que pour pouvoir transformer en espèces sonnantes et trébuchantes, transformer en monnaie additionnelle qui va grossir leur capital cette plus-value qu'ils ont fait produire aux salariés, pour pouvoir la transformer en véritable profit monétaire, il faut qu'il y ait une quantité de monnaie qui circule dans l'économie supérieure à celle qu'il y a au départ. Et c'est là qu'intervient la fonction bancaire, la fonction du crédit qui est, en quelque sorte, en injectant de la monnaie, (c'est ce qu'on appelle la « création monétaire » : la création monétaire, c'est-à-dire cette quantité de monnaie additionnelle qui vient année après année, de période en période, grossir les flux monétaires qui circulent déjà), eh bien en injectant en permanence une quantité de monnaie supplémentaire suffisante, alors le système capitaliste peut enclencher cette dynamique d'accumulation parce qu’ à ce moment-là, nous capitalistes, nous avons avancé une somme de capital au départ, mais le système bancaire, par le crédit, anticipe le surplus qui va naître de la nouvelle activité économique et va donc permettre à l'accumulation de se réaliser. Sans cette création monétaire, sans l'injection sous forme de crédit de la part du système bancaire, la dynamique de l'accumulation ne pourrait pas exister, ne pourrait même pas s'enclencher.

Pascale Fourier : On est en compagnie de Jean Marie Harribey. Tout à l'heure je n'ai pas été très gentille parce que je disais que c'était un peu obscur. En vérité c'est parce que c'est ardu. Mais Jean Marie Harribey, comme certains l'auront peut-être remarqué, est une de mes grandes admirations. Il nous a dit dans sa toute dernière intervention que c'était les banques qui procédaient à la création de monnaie par l'intermédiaire du crédit, et j'étais un peu étonnée. Voilà la question que je lui ai posée :


Mais les banques sont soumises à la décision étatique, on pourrait dire, ou c'est de leur propre ressort de décider de créer dans tel cas, de refuser dans l'autre ?

Jean-Marie Harribey : Alors, il y a une part d'autonomie du système bancaire ordinaire, c'est-à-dire les banques commerciales, mais il y a tout de même une part de dépendance vis-à-vis d'une banque qui est au sommet de la hiérarchie du système bancaire et que l'on appelle la « banque centrale ». Progressivement au cours de l'histoire s'est dessinée une sorte de pyramide bancaire, en quelque sorte. Cela s'est fait un peu à tâtons et progressivement dans l'Histoire, pas à la même époque selon les pays, mais grosso modo cette transformation du système bancaire-là aussi il faut voir qu'elle a accompagné le développement du capitalisme. C'est au fur et à mesure que la révolution industrielle s'est mise en place que le système capitaliste s'est développé que ce système bancaire moderne est né, avec un réseau de banques ordinaires qu'on appelle les banques commerciales ou banques d'affaires ( même si aujourd'hui la différence entre les deux n'est plus très grande) chapeautées par une banque centrale, c'est-à-dire une banque parmi d'autres que l'Etat a décidé un beau jour de mettre au sommet du système bancaire et qui a pour fonction de surveiller la politique de crédit que les banques mettent en oeuvre lorsqu'elles sont en relation avec leurs clients. Donc les banques ordinaires accordent des crédits à leurs clients, mais doivent respecter un certain nombre de normes édictées par la banque centrale, qui au départ était sous le contrôle elle-même des pouvoirs publics . Elles doivent donc respecter ces normes, mais les banques ordinaires sont en fait dépendantes de la banque centrale parce que seule la banque centrale a le monopole d'émission de la monnaie que l'on appelle « fiduciaire», c'est-à-dire les billets, pour aller vite. Parce que les banques ordinaires n'accordent pas de crédits sous forme de monnaie fiduciaire, sous forme de billets. Elles accordent des crédits sous forme scripturale, c'est-à-dire que si vous allez demander un crédit pour acheter la maison ou l'appartement ou acheter les machines-outils pour mettre en entreprise, la banque ne vous distribue pas des billets. La banque crédite votre compte. Seulement, comme il y a une multiplicité de banques, si le crédit que la banque m'a accordé est utilisé par moi pour faire un virement pour payer mon fournisseur par exemple, lui va aller porter le chèque que j'ai fait à sa banque, qui n'est pas nécessairement la mienne. Donc comme il y a un système bancaire avec de multiples banques, il faut qu'il y ait une compensation qui s'effectue entre les ordres de virement qui ont été donnés par les clients et qui sont tirés sur une banque pour atterrir sur le compte d'une autre banque. Donc il y a une compensation qui est faite. Et cette compensation-là est obligatoirement faite en monnaie de la banque centrale, c'est-à-dire en billets, dont elle a le monopole d'émission. Donc les banques ordinaires n'ont pas la possibilité de pratiquer une politique du crédit sans contrôle, parce que, à un moment donné, elles sont dépendantes de la quantité de billets que met en circulation la banque centrale qui utilise ce moyen pour justement ralentir ou au contraire grossir le flot d'émission de monnaie supplémentaire qui vient année après année. Ce que je dis là est extrêmement simplificateur parce que, de nos jours, cela se passe de manière un peu plus sophistiquée : cela se passe sur le marché que l'on appelle « monétaire » sur lequel la banque centrale intervient pour ralentir ou au contraire grossir le flot de monnaie centrale qui circule sur ce marché monétaire, marché monétaire sur lequel les banques ordinaires viennent s'approvisionner en monnaie centrale pour justement pouvoir effectuer cette compensation, donc pour pouvoir se compenser entre elles les ordres de virements qu'elles ont reçus respectivement, et puis aussi pour répondre à un certain volume de billets demandés par les clients, parce que nous effectuons la plupart de nos achats, en tout cas en valeur, sous forme de monnaie scripturale, c'est-à-dire soit en signant des chèques soit en utilisant une carte de crédit, mais nous utilisons aussi une petite quantité de monnaie fiduciaire pour effectuer les menus achats. Donc pour ces deux raisons, approvisionner les clients en monnaie centrale et pouvoir effectuer la compensation entre elles, les banques ordinaires sont dépendantes du flot de monnaie centrale, c'est-à-dire des billets émis par la banque centrale.

Pascale Fourier Et voilà, et bien j'espère que vous n'aurez pas trop souffert parce que de toute façon ça va continuer la semaine prochaine… Ce sera la suite logique, puisque c'était en réalité un entretien que Jean Marie Harribey m'avait accordé : je lui avais posé une question et il était parti sur quarante minutes… Comme décidément j'aime vraiment énormément Jean Marie Harribey, je me permets de vous signaler le livre qu'il a écrit il y a un an maintenant et qui s'appelle "La démence sénile du capital". C'est aux éditions du Passant. C'est un petit livre fait des textes qu'il fait paraître dans la revue "Le passant ordinaire", éditée à Bordeaux, de courts textes que l'on peut lire comme ça à petites doses, de façon homéopathique, pour essayer de tout bien comprendre, et c'est vraiment extraordinaire d'intelligence, de rigueur intellectuelle, enfin je ne peux qu'en dire du bien !


 

 

 

 

Rappel : Vous pouvez imprimer ce texte. Quel que soit l'usage que vous en ferez, il vous est demandé de citer votre source : Emission Des Sous...et des Hommes du 28 Novembre 2003 sur AligreFM. Merci d'avance.